Claude LACAZE.

Publié le 29 Décembre 2010

Claude Lacaze 1960   J'avais dans les 16 ans quand je commençai à me prendre de grande sympathie pour un joueur de rugby d'un genre nouveau, d'un genre qui tranchait forcément sur l'espèce à l'époque de la télé noir & blanc et des quelques matches de rugby que l'Equipe de France disputait en une saison, les principaux étant les quatre du tournoi des 5 Nations.

 

Il n'était pas très grand, avait le cheveu clair et peu épais, sensible au vent et quand il prenait la balle il était surprenant.

 

Sa place de prédilection était l'arrière, mais comme il savait tout des autres positions jouant souvent à l'ouverture, il amenait un sens de l'attaque peu pratiqué à l'époque et fut l'un des initiateurs de ce que l'on a appelé plus tard: "la position de l'arrière intercalé" !

 

 


 

Claude Lacaze 1967Mais voilà, il était inconstant dans ses prestations, surtout au tir au but, si bien que très souvent il fut contesté en Equipe de France au profit de Pierre Villepreux, ce qui me rendait très triste.

 

Mon bonheur à l'époque était surtout de pouvoir l'admirer jouer à Angoulême, au SCA, et pour cela et à chaque fois que le temps semblait vouloir rester au beau tout le Dimanche, je me rendais à Chanzy à vélo (90 km!), par la nationale 10 toujours à 2 voies sans d'autres risques que de croiser une dizaine ou plus de voitures dans les deux sens, aller-retour.

 

J'arrivais peu de temps avant le coup d'envoi que je suivais des vieilles tribunes en bois. Le prix du billet de ce côté là était la seule dépense que je pouvais me permettre.

 

Et même ici y'a des jours où ça n'allait pas bien, où le Claude ratait ses coups de pied ou même son match! Et d'autres fois où il sauvait tout le monde avec un drop au dernier moment. Personne n'osera contredire que le SCA lui doit beaucoup de sa gloire et de ses résultats passés.

 

Quelle vista quand il était en forme ! Quelles balles astucieusement passées à ses coéquipiers, quelle audace le plus souvent ... et le public ne s'y trompait pas qui grondait de plaisir dès qu'il avait la balle ...

 

Aucun joueur depuis ne m'a jamais procuré autant d'émotion, aucun avec qui je me suis jamais autant senti complice ...


Si j'avais été joueur, je n'aurais aimé jouer QUE comme lui !

 

Je devinais bien son caractère en retrait, un peu solitaire, sensible même, en tout cas une personne plus complexe que la moyenne des rugbymans, mal connu car se mettant toujours en retrait, de côté, comme sur les photos de groupe avec le regard tourné vers on ne sait pas où...

 

Je remercie ici Frédéric Humbert du site Pionniers (voir lien) de m'avoir gentiment retrouvé ces coupures de presse, car ici, malgré mes demandes au responsable des sports de la Charente Libre, jamais personne ne m'a répondu!

 

J'aurais voulu vous mettre en ligne le calque original dessiné par SIRO, que l'auteur m'avait gracieusement donné suite à ma demande par lettre, qu'il avait fait paraitre à l'époque dans le journal local, après un match du Tournoi où Claude Lacaze avait raté des pénalités et Maso était sorti blessé - une copie est accrochée au mur du Club-house du BSCR, dans un cadre - mais je n'ai pu scanner mon document.

 

 


Bertranne---SIRO.jpg

 

Crobard de Roland Bertranne, signé SIRO, même époque que le mien ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SC Angouleme L'Equipe 1967-copie-1 

 

Un p'tit clin d'œil aux années soixante de ma jeunesse ...

On remarquera la pub du principal employeur des sportifs angoumoisins: Leroy-Somer et l'on saura que l'entraineur n'était qu'un conseiller technique !

 


SC-Angouleme-1967.JPG

 

 

Sur la photo agrandie je reconnais facilement Joseph Imbernon, Michel Martin, Jean Pierre Sardin (fidèle du BSCR) Manuel Luzzaraga et Jacques Robert sur la ligne du haut, puis bien sûr Claude Lacaze accroupi et aussi les célèbres moustaches de la coqueluche du SCA de l'époque, le 9 Ladislav Kohut !

Il manque parmi les gros, le pilier Cominotti, dit "Le Phoque", qui était présent au centenaire Scaïste l'été passé.

Manifestation parmi laquelle je n'ai pas retrouvé Lacaze, et quand j'ai demandé pourquoi il n'était pas là, mon interlocuteur m'a répondu vivement: "après ce qu'on lui a fait,  on comprend qu'il ne veuille pas remettre les pieds ici..."

 

Certains que je connais retrouveront ici une belle brochette de bons cogneurs, en particulier l'immense Imbernon ... qualité que Claude Lacaze n'avait pas !!!

 


EDF-1967.jpg

Lacaze ; Bonal, Dourthe, Maso, Campaës ; (o) G. Camberabero, (m) L. Camberabero ; Spanghero, Greffe, Carrère ; Plantefol, Cester ; Noble, Yachvili, Lasserre.

 

On termine sur une des  dernière prestation de Claude sous le maillot de la France, pour le premier grand chelem en 1968, dans une équipe nationale dont il fut plusieurs fois capitaine, surtout en tournée. 

A part Claude en bas à droite, j'ai de la peine encore à reconnaitre tout le monde! Bien sûr les Cambérabéro assis à côté, Maso et Dourthe juste au-dessus d'eux, le capitaine Carrère en haut puis le très célèbre Walter Spanghero, derrière lui Elie Cester et encore derrière le grand Racingman Plantefol, comme aimait toujours à le préciser, Roger Couderc.

 

J'éprouve beaucoup de nostalgie à l'évocation de ces noms et un gros pincement au cœur en prononçant celui de Claude LACAZE .

 


Rédigé par Daniel DURET

Repost 0
Commenter cet article

CHAUSSAT Sergis 14/03/2017 18:26

MAGNIFIQUE mais au SCA nous avons eu aussi OYARZUN dit ZUM ZUM qui s'en souvient???

Daniel D. 14/03/2017 19:13

Je vois pas...

Danielle 14/03/2017 18:10

Bonsoir
Vous venez de me rajeunir de plusieurs années. J'étais encore au Collège technique quand j'ai connu le rugby. Ma meilleure amie m'avait emmené voir un match avec son père. Une mélée je ne savais pas ce que c'était et je lui demandais ce qu'ils faisaient tous. Puis j'ai suivi le SCA de l'époque, nos copains étaient ces gens là et les plus jeunes aussi avec qui nous sortions.
Nous allions souvent prendre un café dans le café de Claude, ses parents étaient charmants. Effectivement il manque Comminoti sur les photos un homme super gentil (sa femme aussi)
Merci beaucoup pour ce bon moment (en fin de compte je suis tombée tout à fait par hasard sur votre blog.
Amicalement

Daniel D. 14/03/2017 19:12

Bonsoir!
C'est avec plaisir que je lis votre petit com.
Depuis le temps que je ne fais plus rien sur ce blog...
J'ai bien fait de ne pas le fermer !

sergis 24/02/2013 18:49


Magnifique souvenir qui viennent me frapper en pleine......non ca ne se dit pas   alors disons  face, mais si au SCA il y avait FERNAND n'oublions pas son fréré MANUEL LUZZARAGA

25/02/2013 19:13



Merci beaucoup de votre visite, ça fait toujours plaisir !!!


 






Daniel Duret 03/02/2012 13:21


Lors du centenaire du SCA quelqu'un raconté qu'un jour de venue de Béziers, Palmié aurait dit à JP Sardin qui peut-être lui avait marché sur un pied lors d'une touche: "écoute mon petit, si
tu veux jouer à ça, tu vas être servi !"... Parait qu'àprès il aurait jamais recommencé...!





 


Donc personne ne joue Dimanche...

CHAUSSAT Sergis 14/03/2017 18:28

Oui Mauel LUZZARAGA surnommé :"Chita"

jjberland 03/02/2012 08:44


Il y a quelques temps j'ai écrit sur cet excellent blog(http://nicerugby.blog.lemonde.fr/), animé par Rodolphe Rolland, Julien Shramm, Journalistes Niçois et ex-joueurs et dirigeants de Nice,
ainsi que Michel Desfontaines que beaucoup de Charentais connaissent puisqu'il était dans les année 70 journaliste sportif à la Charente libre. Je rappale que le RC Nice fut le dernier club de
C.Lacaze; d'ailleurs, je t'engage vivement à visiter ce blog et t'y exprimer  (et excuse moi de te tutoyer, mais comme dit le poête "je dis tu à tous ceux que j'aime") . Voilà donc
ci-dessous cette modeste publication qui n'a d'autre ambition,que delivrer mon expérience.


 


"Comment écrire ce que j’ai à dire sans que chacun puisse penser que je suis convaincu que c’était mieux avant?
Il faut bien le dire, non pas en raison d’une crise nostalgique, mais surtout pour tout les amateurs qui n’ont de référence que le rugby professionnel, les principales différences entre le
rugby moderne et l’ancien ne sont pas les plus apparentes !
Bien sûr, les joueurs sont maintenant de véritables athlètes, préparés scientifiquement comme les meilleurs yearlings, «tracés » à grands coups de statistiques, »briefés » comme un bataillon
de télévendeurs, et formés à l’expression politiquement correcte à la manière des militants des ces partis politiques aux habitudes oligarchiques.
Bien sûr les règles et codifications ont évoluées, évidemment les joueurs sont professionnels et n’ont pas d’autres choix que de tout faire pour assurer leur carrière.
Avant ce n’était pas mieux, c’était différent, très différent! Bien sûr il y avait les règles que tout un chacun était sensé connaître, y compris les arbitres! mais il y avait surtout,
comment dire, les codes, les us et coutumes? que chaque joueur savait! A Sauclière, à Lavelanet,, à Narbonne à Mayol,… il n’était pas question pour le talonneur visiteur de lever le pied sur
introduction adverse pour convoiter le ballon.Il n’était pas question de faire mine de plaquer Richard Astre, ou de gêner Claude Spanghero, ou JF Imbernon sur une touche! Chaque joueur savait ça,
et la pression du match joué  » à l’extérieur » qui montait toute la semaine devenait pour certains une trouille bleue dans le tunnel qui menait sur le pré. Si bien que beaucoup de joueurs
confirmés dans leurs clubs,se blessaient étonnamment aux entrainements précédents les déplacements; si bien que quelques fois les manœuvres de découragement commençaient dans le tunnel ou lors du
repas pris en commun pour le Challenge Du Manoir. Souvenez vous la final Agen/Dax à Bordeaux, rappelez-vous SC Angoulême/ Toulon, match qui dura 12mn, bien sûr le casque de Pendanx,… Ceux qui se
sont couchés sur un ballon devant les pack biterrois, narbonnais, monferrandais, castrais, monchaninois,… portent encore les stigmates sur leurs vieux corps et sur leur visages ridés! A «
l’extérieur » c’était donc le combat, agressif, dur, quelquefois violent, sous la cécité d’un juge arbitre soucieux de ménager sa sortie.
Des noms célèbres inspirant la modération? André Lannes, Michel Palmier,Canaguier, Cholet, Buenomo, Dutin, Luzarraga,Imbernon, Ache, Sappa, Genevois, Esteve, Fite, Rossignol,…
C’est cette différence là, qui est la plus grande entre le jeu d’aujourd’hui et celui d’hier. C’est cet écart de comportement qui fait que gagner à l’extérieur il y à 40 ans, était une
performance rare, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui."