Partager l'article ! Claude LACAZE.: J'avais dans les 16 ans quand je commençai à me prendre de grande sympathie pour un joueur de rugby d'un genre nou ...
J'avais dans les 16 ans quand je commençai à me prendre de grande sympathie pour un joueur de rugby d'un genre nouveau, d'un genre qui tranchait
forcément sur l'espèce à l'époque de la télé noir & blanc et des quelques matches de rugby que l'Equipe de France disputait en une saison, les principaux étant les quatre du tournoi des 5
Nations.
Il n'était pas très grand, avait le cheveu clair et peu épais, sensible au vent et quand il prenait la balle il était surprenant.
Sa place de prédilection était l'arrière, mais comme il savait tout des autres positions jouant souvent à l'ouverture, il amenait un sens de l'attaque peu pratiqué à l'époque et fut l'un des initiateurs de ce que l'on a appelé plus tard: "la position de l'arrière intercalé" !
Mais voilà, il était inconstant dans ses prestations, surtout au tir au but, si bien que très souvent il fut contesté en
Equipe de France au profit de Pierre Villepreux, ce qui me rendait très triste.
Mon bonheur à l'époque était surtout de pouvoir l'admirer jouer à Angoulême, au SCA, et pour cela et à chaque fois que le temps semblait vouloir rester au beau tout le Dimanche, je me rendais à Chanzy à vélo (90 km!), par la nationale 10 toujours à 2 voies sans d'autres risques que de croiser une dizaine ou plus de voitures dans les deux sens, aller-retour.
J'arrivais peu de temps avant le coup d'envoi que je suivais des vieilles tribunes en bois. Le prix du billet de ce côté là était la seule dépense que je pouvais me permettre.
Et même ici y'a des jours où ça n'allait pas bien, où le Claude ratait ses coups de pied ou même son match! Et d'autres fois où il sauvait tout le monde avec un drop au dernier moment. Personne n'osera contredire que le SCA lui doit beaucoup de sa gloire et de ses résultats passés.
Quelle vista quand il était en forme ! Quelles balles astucieusement passées à ses coéquipiers, quelle audace le plus souvent ... et le public ne s'y trompait pas qui grondait de plaisir dès qu'il avait la balle ...
Aucun joueur depuis ne m'a jamais procuré autant d'émotion, aucun avec qui je me suis jamais autant senti complice ...
Si j'avais été joueur, je n'aurais aimé jouer QUE comme lui !
Je devinais bien son caractère en retrait, un peu solitaire, sensible même, en tout cas une personne plus complexe que la moyenne des rugbymans, mal connu car se mettant toujours en retrait, de côté, comme sur les photos de groupe avec le regard tourné vers on ne sait pas où...
Je remercie ici Frédéric Humbert du site Pionniers (voir lien) de m'avoir gentiment retrouvé ces coupures de presse, car ici, malgré mes demandes au responsable des sports de la Charente Libre, jamais personne ne m'a répondu!
J'aurais voulu vous mettre en ligne le calque original dessiné par SIRO, que l'auteur m'avait gracieusement donné suite à ma demande par lettre, qu'il avait fait paraitre à l'époque dans le journal local, après un match du Tournoi où Claude Lacaze avait raté des pénalités et Maso était sorti blessé - une copie est accrochée au mur du Club-house du BSCR, dans un cadre - mais je n'ai pu scanner mon document.
Crobard de Roland Bertranne, signé SIRO, même époque que le mien ...
Un p'tit clin d'œil aux années soixante de ma jeunesse ...
On remarquera la pub du principal employeur des sportifs angoumoisins: Leroy-Somer et l'on saura que l'entraineur n'était qu'un conseiller technique !
Sur la photo agrandie je reconnais facilement Joseph Imbernon, Michel Martin, Jean Pierre Sardin (fidèle du BSCR) Manuel Luzzaraga et Jacques Robert sur la ligne du haut, puis bien sûr Claude Lacaze accroupi et aussi les célèbres moustaches de la coqueluche du SCA de l'époque, le 9 Ladislav Kohut !
Il manque parmi les gros, le pilier Cominotti, dit "Le Phoque", qui était présent au centenaire Scaïste l'été passé.
Manifestation parmi laquelle je n'ai pas retrouvé Lacaze, et quand j'ai demandé pourquoi il n'était pas là, mon interlocuteur m'a répondu vivement: "après ce qu'on lui a fait, on comprend qu'il ne veuille pas remettre les pieds ici..."
Certains que je connais retrouveront ici une belle brochette de bons cogneurs, en particulier l'immense Imbernon ... qualité que Claude Lacaze n'avait pas !!!
Lacaze ; Bonal, Dourthe, Maso, Campaës ; (o) G. Camberabero, (m) L. Camberabero ; Spanghero, Greffe, Carrère ; Plantefol, Cester ; Noble, Yachvili, Lasserre.
On termine sur une des dernière prestation de Claude sous le maillot de la France, pour le premier grand chelem en 1968, dans une équipe nationale dont il fut plusieurs fois capitaine, surtout en tournée.
A part Claude en bas à droite, j'ai de la peine encore à reconnaitre tout le monde! Bien sûr les Cambérabéro assis à côté, Maso et Dourthe juste au-dessus d'eux, le capitaine Carrère en haut puis le très célèbre Walter Spanghero, derrière lui Elie Cester et encore derrière le grand Racingman Plantefol, comme aimait toujours à le préciser, Roger Couderc.
J'éprouve beaucoup de nostalgie à l'évocation de ces noms et un gros pincement au cœur en prononçant celui de Claude LACAZE .
J'avais bien pensé à lui pour trouver des documents d'époque, mais comme j'étais pressé j'ai fait avec ce que j'avais, très peu... C'est toujours avec plaisir que je le salue lors des matchs à Barbezieux, avec son beau-frère ! Il a toujours une science très précise et brève du jeu d'avant ! Nombre de fois où je l'ai entendu dire quand les avants du BSCR étaient à la peine: "De mon temps, les gars, on aurait réglé le problème dès l'début! 2-3 baffes à l'envoi et t'aurais vu comme y se seraient calmés!", ou alors, un jour que nos avants étaient au recul, il se tourne vers moi dans la tribune et dit: "Tu sais ce qui leur manque ? Deux grands cons en 2eme ligne qui t'arrangeraient tout ça!"
Pour lui le rugby c'est aussi simple que ça ...
Me fait penser que du SCA d'alors, je me rappelle surtout que des avants. Parce qu'ils étaient forts, c'est vrai et parce que derrière, hormis Lacaze et Davidou, ils étaient pas les meilleurs ...
Tous les "blogueurs rugby" devraient régulièrement rappeler le souvenir des anciens !
Et oui ... Car sans le souvenir de ce qui nous a précédés, on n'est rien ...
On n'existe pas ...
Cela dit par un type qui ne supporte pas les messes et les traditions d'apparat.
Juste le respect dû à ceux qui nous ont devancés .
Belle évocation aux senteurs d'embrocations fraternelles!
Après ces années il y a eu pour moi une coupure qui m'éloigna longtemps du rugby: l'armée puis le choc des années 70... A 20 ans, cela marque profondément. J'y suis revenu vers les années 80, mais pas en tant que supporter du SCA. Comme fervent de l'EdF et des grandes compétitions.
Aujourd'hui, même si je vois un gros paquet de matchs à la télé, j'aime beaucoup venir au stade voir jouer une fédérale 3 ... On y a forcément des amis ...
Claude Lacaze, moi le petit Rochelais, c'était un seigneur, de l'allure. un intouchable. Mais pas aussi doué que Pierrot Lacaze, son frère.
Et puis Claude Lacaze, c'est quand même le gonze qu'a pas réussi à plaquer Watkins, l'ailier gallois qui a crucifié les frères Boniface et Gachassin. Et pourtant, il courut à côté de lui pendantcinquante mètres. Autre temps, autres moeurs...
Et bonne année
Euh (Heu ?), typographiquement parlant
je suis pas fort, pas plus que sur la mémoire encyclopédique, donc je ne
vais pas contester, toutefois je rajouterai que si Lacaze n'a pas initié ce type de jeu, il a beaucoup contribué à sa diffusion ...
Je n'ai aucun souvenir de l'anecdote Watkins, mais enfin était-il responsable seul, faudrait revoir la vidéo !!! Mais c'est vrai qu'il était coupable de fâcheuses erreurs qui l'ont conduit à sa perte ...
C'est bien ça qui m'attristait tant . Mais j'étais jeune ...
http://www.flickr.com/photos/rugby_pioneers/3083728388/
Beau travail.
Le plaisir est partagé, monsieur Jean Michel, je désespérais de toucher quelqu'un avec mon article !
J'en ai remis une petite couche ici .
Malheureusement il est très difficile de trouver des photo de Claude sur internet !!!
Je vois JP Sardin tous les dimanche que joue Barbezieux, faudra que je lui demande s'il en possède !
Merci de votre visite.
Belles lignes sur Claude Lacaze, pour avoir mangé à côté de lui après un match d elourdes alors que j'etais qu'un jeune homme, je confirme sa timidité et sa réserve mais aussi sa gentillesse...je fais de spiges à la Nouvelle-république des Pyrénées 65 et pour les 100ans du comité Armagnac-Bigorre en 2012 nou sfaisons élire par nos lecteurs le XV AB du siecle et Claude est nominé, vos observations me serviront pour le papier; amicalement
Je suis heureux que ma maigre intervention puisse un jour servir à lui rendre hommage. Car c'est bien un des rares internationaux dont personne ne parle jamais. Pour le centenaire du SCAngoulême, il a refusé de venir en Charente, pour des raisons pas à l'honneur de ce club aujourd'hui disparu et c'est quelqu'un qui ne fait pas parler de lui ... Merci de votre visite !
1965, dans un village du nord Charente, où depuis longtemps rien ne tournait rond ; pas d’équipe de foot comme partout, mais une équipe de rugby grâce à la passion dévorante de quelques fous locaux qui avaient réussit à convertir la population du village. J’avais les 14 ans timides d’un garçon élevé à la campagne, dans une famille où mais deux ainés s’adonnaient à ce jeu bizarre . Le SCA venait jouer un match d’ouverture de saison au profit de ce petit club contre un adversaire dont je n’ai plus le souvenir. L’arrière du SCA c’était Claude Lacaze, déjà inscrits sur les tablettes des sélectionneurs français. Evidemment je n’attendais que lui ; et dans les jours précédents j’avais cassé ma tirelire pour acheter une belle carte postale afin de récupérer un autographe.
Le match terminé, j’attendis donc à la sortie des vestiaires et tendis timidement mon carré de carton, qu’il signa avec une sourire complice. Une expérience toute banale en fait, si elle n’avait pas été suivie d’un évènement inattendu : le 26 octobre 1969 je jouais mon premier match de championnat en première division avec le SCA contre Bègles alors champion de France et Claude venait de faire l’objet d’une éviction de l’équipe. Je dus attendre la venue du Creusot pour jouer avec lui. Oui, c’est vrai que c’était un garçon dont la réserve était doublée d’une classe exceptionnelle, à l’image de celle de Papillon. Cette réserve aux antipodes de ses actions lumineuses dans le jeu était peut-être perçue comme de l’orgueil ; c’est sans doute pour ça que certain le dénigraient moi c’est pour ça que je l’aimais.
Pour Jean-Michel Guérineau, le bar de Claude à cote de la grande poste était « le Postal ».
Merci aux initiateurs de ce blog qui permet de porter une image valorisante de ce grand joueur.
Bonjour Mr Berland.
Je suis flatté que vous m'ayez laissé ce message, je trouve que Claude Lacaze est trop oublié, moi à qui il a donné l'envie du beau rugby.
Je rencontre souvent JP Sardin, il m'arrive d'en parler avec lui, mais bon, ce n'est pas tout à fait la même philosophie du jeu !
Une recherche sur internet donne très peu de résultats. Mais récemment quelqu'un de la région de Lourdes m'a informé qu'ils voulaient reconstituer une équipe d'ancien Lourdais célèbres et ils avaient pensé à lui!
Comme le dit le crobard que j'avais récupéré de CL, "ils" avaient contesté notre Lacaze, ça traduit bien la peine que j'éprouvais quand de l' EdF il était viré au profit de Villepreux...
Je ne l'ai pas connu personnellement, mais je le regrette.
Bien à vous.
PS: je suis seul à d'avoir initié ce blog !!!
J'ai effacé malencontreusement votre lien en essayant de l'activer, mais il n'ammenait sur rien de précis !
Mes autres articles consacrés à Claude Lacaze:
http://papillonovale.over-blog.com/article-devoir-de-memoire-65043589.html
http://papillonovale.over-blog.com/article-claude-lacaze-chez-les-bleus-en-blanc-86427753.html
C'est un lien vers un album Picasa, je le copie ci-dessous j'espère que ça marche! Parmi les quelques 150 ou 200 photos de match prises à Chanzy que je possède, il n'y en a malheureusement qu'une ou figure CL! Je crois savoir que CL est retiré chez lui à Pontacq.
https://picasaweb.google.com/100748848498897706573/Rugby
Pour les fans de JP Sardin, j'ai mis en ligne quelques photos où il apparait.J'ai joué 3 saison à ses cotés, c'était un partenaire exemplaire avec qui on "pouvait voyager". Il est un e espèce de pére spirituel de Wally! lui montrant comment il fallait se mettre en mêlée, à quel moment il fallait marcher sur le pied du sauteur adverse; ça allait jusqu'à prendre soin de la façon dont il mettait ses chaussettes!
J'me souviens qu'un tantôt dans les tribunes du BSCR, il me dit: "tu sais ce qui manque à Barbezieux ?"
"Deux grands cons en deuxième ligne pour t'arranger tout ça !"
"D'mon temps on aurait vite réglé l'problème !!!"
PS: J'suis pas forcément partisan de ces méthodes mais bon, du moment que c'est pas moi qui prends les poires ...
c'est l'apanage des généreux que de préférer donner que recevoir...! mais quand on donne un peu il faut s'attendre à recevoir beaucoup.
Dimanche soir j'ai regardé Mont de Marsan/Grenoble et le seconde ligne des isérans, Maréchal, avait les yeux passablement "triturés" et bouchés par des œufs de poule de belle taille. Personne n'a osé la moindre remarque, tout cela semblait bien naturel...
Je me suis dit quelle générosité ! Il a dû recevoir au moins autant qu'il a donné...
Pas manqué, au regroupement qui a suivi je l'ai vu envoyer un très large moulinet devant lui... qui n'est pas arrivé, rapport à sa mauvaise vue passagère !
Il y a quelques temps j'ai écrit sur cet excellent blog(http://nicerugby.blog.lemonde.fr/), animé par Rodolphe Rolland, Julien Shramm, Journalistes Niçois et ex-joueurs et dirigeants de Nice, ainsi que Michel Desfontaines que beaucoup de Charentais connaissent puisqu'il était dans les année 70 journaliste sportif à la Charente libre. Je rappale que le RC Nice fut le dernier club de C.Lacaze; d'ailleurs, je t'engage vivement à visiter ce blog et t'y exprimer (et excuse moi de te tutoyer, mais comme dit le poête "je dis tu à tous ceux que j'aime") . Voilà donc ci-dessous cette modeste publication qui n'a d'autre ambition,que delivrer mon expérience.
"Comment écrire ce que j’ai à dire sans que chacun puisse penser que je suis convaincu que c’était mieux avant?
Il faut bien le dire, non pas en raison d’une crise nostalgique, mais surtout pour tout les amateurs qui n’ont de référence que le rugby professionnel, les principales différences entre le rugby moderne et l’ancien ne sont pas les plus apparentes !
Bien sûr, les joueurs sont maintenant de véritables athlètes, préparés scientifiquement comme les meilleurs yearlings, «tracés » à grands coups de statistiques, »briefés » comme un bataillon de télévendeurs, et formés à l’expression politiquement correcte à la manière des militants des ces partis politiques aux habitudes oligarchiques.
Bien sûr les règles et codifications ont évoluées, évidemment les joueurs sont professionnels et n’ont pas d’autres choix que de tout faire pour assurer leur carrière.
Avant ce n’était pas mieux, c’était différent, très différent! Bien sûr il y avait les règles que tout un chacun était sensé connaître, y compris les arbitres! mais il y avait surtout, comment dire, les codes, les us et coutumes? que chaque joueur savait! A Sauclière, à Lavelanet,, à Narbonne à Mayol,… il n’était pas question pour le talonneur visiteur de lever le pied sur introduction adverse pour convoiter le ballon.Il n’était pas question de faire mine de plaquer Richard Astre, ou de gêner Claude Spanghero, ou JF Imbernon sur une touche! Chaque joueur savait ça, et la pression du match joué » à l’extérieur » qui montait toute la semaine devenait pour certains une trouille bleue dans le tunnel qui menait sur le pré. Si bien que beaucoup de joueurs confirmés dans leurs clubs,se blessaient étonnamment aux entrainements précédents les déplacements; si bien que quelques fois les manœuvres de découragement commençaient dans le tunnel ou lors du repas pris en commun pour le Challenge Du Manoir. Souvenez vous la final Agen/Dax à Bordeaux, rappelez-vous SC Angoulême/ Toulon, match qui dura 12mn, bien sûr le casque de Pendanx,… Ceux qui se sont couchés sur un ballon devant les pack biterrois, narbonnais, monferrandais, castrais, monchaninois,… portent encore les stigmates sur leurs vieux corps et sur leur visages ridés! A « l’extérieur » c’était donc le combat, agressif, dur, quelquefois violent, sous la cécité d’un juge arbitre soucieux de ménager sa sortie.
Des noms célèbres inspirant la modération? André Lannes, Michel Palmier,Canaguier, Cholet, Buenomo, Dutin, Luzarraga,Imbernon, Ache, Sappa, Genevois, Esteve, Fite, Rossignol,…
C’est cette différence là, qui est la plus grande entre le jeu d’aujourd’hui et celui d’hier. C’est cet écart de comportement qui fait que gagner à l’extérieur il y à 40 ans, était une performance rare, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui."
Lors du centenaire du SCA quelqu'un raconté qu'un jour de venue de Béziers, Palmié aurait dit à JP Sardin qui peut-être lui avait marché sur un pied lors d'une touche: "écoute mon petit, si tu veux jouer à ça, tu vas être servi !"... Parait qu'àprès il aurait jamais recommencé...!
Donc personne ne joue Dimanche...